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Focus : le club de lecture des Riches Claires

27.01.2020 10:26 Il y a : 124 days

Lieux incontournables pour lancer un club de lecture : les bibliothèques. Les livres sont à disposition, la possibilité de s’y réunir est souvent aisée, le cadre s’y prête à merveille et cette activité permet d’étoffer le programme culturel et d’animations des réseaux de la lecture publique.


Focus sur le club de lecture de la bibliothèque des Riches Claires à Bruxelles. Comme pour la plupart des clubs que nous avons approchés, celui-ci est marqué par une identité spécifique.

Une dimension multiculturelle

C’est en 2012 que Myriam Campinaire crée le club de lecture des Riches Claires. Elle est rejointe en novembre 2014 par Daniel Mangano. Celui-ci a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions et notamment sur la raison d’être de ce club : « L’objectif de la mission confiée à la bibliothèque était de refléter la dimension de Bruxelles ville multiculturelle en créant un club de lecture consacré aux littératures étrangères. Le choix est établi en accord avec la bibliothèque qui met ensuite plusieurs exemplaires à la disposition du public ; même si le club est ouvert à tous, il est conseillé aux lecteurs de lire les ouvrages avant la rencontre, afin de pouvoir mieux participer à la discussion. »

C’est ainsi qu’une large place est réservée aux littératures anglo-saxonne, hispanique et italienne (il faut préciser que ce sont les domaines de prédilection des deux responsables), sans négliger pour autant les autres cultures. Il n’est pas rare que l’on retrouve des auteurs russes, japonais ou autres dans la programmation.
Là comme ailleurs, la personnalité, la formation et les passions de l’animateur et de l’animatrice donnent au club ses accents particuliers. Myriam Campinaire et Daniel Mangano ont été professeurs de littérature et de traduction littéraire dans des instituts de traducteurs-interprètes. « Le club de lecture prévoit quatre séances par an, nous en animons chacun deux, précise Daniel Mangano. La spécificité est de n’aborder que des romans ou recueils de nouvelles en langue étrangère, mais les livres sont lus et discutés à partir de la traduction française. Une autre caractéristique peut-être, mais cela reste anecdotique, est d’attirer occasionnellement l’attention sur des problèmes de traduction. Enfin, pour des raisons pratiques, nous essayons de ne pas choisir de romans trop volumineux, même s’il y a eu des exceptions. Et tout le monde est le bienvenu. Certes, il y a un noyau de fidèles, mais pas seulement. »
Pour le choix des ouvrages, les responsables du club s’inscrivent dans la dynamique générale de la maison qui les accueille : « Nous discutons de nos propositions avec les responsables de la bibliothèque, explique Daniel Mangano, et écoutons leurs suggestions ou choisissons en fonction de l’intérêt que pourrait susciter un ouvrage par rapport à un thème particulier. Comme nous donnons aussi des conférences aux Riches Claires, le club peut s’avérer parfois un complément, en proposant le livre d’un auteur qui a fait l’objet d’une conférence peu avant. »

Au-delà du club

Un club de lecture, des conférences ainsi que des tables de conversation en anglais : la diversification des approches reste cosmopolite et multiculturelle : « Nous animons depuis moins longtemps quatre tables de conversation anglaise par an sur le temps de midi. Nous ne choisissons que des auteurs anglo-saxons et les romans ou nouvelles sont lus par les participants dans la version originale et discutés en anglais. Cela requiert un certain niveau de compréhension écrite et de pratique orale de la part des participants, afin que la conversation puisse se dérouler à un rythme normal. Les ouvrages choisis ne sont jamais les mêmes que ceux du club de lecture en français. Ici aussi, il peut y avoir une complémentarité avec les conférences : j’ai par exemple tenu une conférence sur Francis Scott Fitzgerald en novembre et le roman choisi pour la table de conversation anglaise de décembre sera The Great Gatsby, car certains participants avaient souhaité ce prolongement. » Mais quelle que soit l’approche, le moteur de ces passionnés de lecture reste toujours le même : « Ces activités nous apportent beaucoup de plaisir. Plaisir de faire découvrir des livres, parfois d’en découvrir nous-mêmes, plaisir de l’échange des opinions et des points de vue, des liens qui se sont créés, etc. La formule semble rencontrer la faveur du public. Le tout dans une grande convivialité et une écoute partagée. Et nous sommes très heureux de l’esprit d’ouverture et du dynamisme dont fait preuve la bibliothèque publique des Riches Claires », conclut Daniel Mangano.

Michel Torrekens

Cet article est issu de la Revue Le Carnet et les instants, trimestriel n°205 à consulter en ligne


 

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